Qui suis-je ?

Petite intro

Difficile exercice que celui de se présenter soi-même, tant il est dangereux de dériver vers une litanie de traits de caractère, un CV mal écrit ou un délire égocentrique.

Je me contenterai donc de partager ici mon parcours, mes influences, mes valeurs et vous expliquer pourquoi ce site internet est né. Vous trouverez le texte peut être un peu long, mais j’ai envie de vous expliquer qui se cache derrière cette plume, qui j’espère, sera la plus agréable possible à la lecture.

Un lycée nommé Dominique

Je m’appelle Rémi Borel, né en 1983 en France dans le département qui était à cette date le deuxième le moins peuplé du pays. À vous de trouver lequel.

Enfant plutôt calme, mes parents m’ont poussé à faire des études, chose qu’ils n’ont pas eu la chance de faire. Je les en remercie !

Pendant mes études secondaires, mon appétence est allée clairement en direction des matières scientifiques. Mes notes au Bac (S, évidemment) l’ont bien montré, en témoignent mes splendides 7/20 en français et philosophie. Petit exercice au passage : sachant que ma moyenne au Bac était de 14,33/20, je vous laisse deviner l’effort qu’il a fallu faire en sciences pour rattraper ce joli handicap de départ !

Et après le Lycée ?

Ne sachant pas trop quoi faire de ma vie, j’ai poursuivi mes études en classes prépa scientifiques dans la ville de « province » la plus peuplée de France. Après 3 ans très intéressants, et toujours sans voie toute tracée dans ma valise, je suis entré en école d’ingénieurs dans une ville de la banlieue Lyonnaise malheureusement trop connue pour ses émeutes de 1990.

Pendant ces 3 ans d’école suivis d’un master en géomatique (contraction de géographie et informatique), j’ai eu la chance de toucher de près à des dizaines de sujets : urbanisme, transports, énergie, bâtiment, informatique, béton armé, cartographie, politiques publiques, constructions métalliques, aménagement du territoire, environnement, traitement des déchets, résistance des matériaux, etc.

Allez va bosser un peu maintenant !

À la fin de mes études, je répondais parfaitement à la définition d’un ingénieur généraliste : « touche à tout, bon à rien ». Un peu d’auto-dérision ne fait jamais de mal !

Le grand voyage de l’expérience professionnelle m’a ensuite amené dans une ville du Nord célèbre pour sa braderie, puis une autre ville des Alpes qui accueillit en son temps les JO d’hiver de 1968.

En tant que fonctionnaire d’État, j’ai touché de plus près aux domaines du foncier, de l’analyse de bases de données, de la rénovation thermique, de l’insalubrité, des risques technologiques, de l’adaptation à la perte d’autonomie et à la gestion de crédits publics.

L’ascension sociale suprême : devenir PDG

En l’an de grâce 2017, suite à l’invention imprévue de la détanque, j’ai quitté la fonction publique pour créer mon entreprise.

J’ai ainsi pu toucher de près les étoiles, les rêves les plus fous des indépendants : la fortune, la richesse, le pouvoir absolu du PDG, le luxe, une propriété privé de 10 hectares et 4 résidences secondaires, 15 voitures (dont 3 américaines avec des très gros moteurs bruyants), les soirées privées, la jet-set sur la Côte d’Azur, les voyages avec mon avion privé, l’abus de pouvoir, les repas préparés par ma domestique, etc. Ce ne sont pas des rêves mais LE rêve de toute une vie.

Ah pardon je reviens, un PDG lambda du CAC40 avait pris possession de mon corps quelques instants ! Au risque d’en décevoir certains, l’entrepreneuriat n’est pas souvent synonyme de richesse et autres sources de reconnaissance sociale artificielle. Tant mieux, mes valeurs sont ailleurs.

Moments clés et personnes inspirantes

La prise de conscience du prédatisme humain

Alors insouciant et isolé dans mon école d’ingénieurs installée en banlieue, je vis passer l’annonce d’une conférence sur la décroissance. Nous étions en 2004, j’avais 21 ans, la conférence se passait à Lyon. Nous avions bien eu un bref cours d’économie, mais nous disait-on à l’époque (et sans doute encore aujourd’hui) que la décroissance ne pouvait pas exister. C’est comme ça et pas autrement.

Ma curiosité était trop attisée, il fallait assister à cette conférence ! Je ne me souviens plus exactement qui organisait ni qui présentait, mais je me souviens très bien du résultat : les humains, et encore plus les « occidentaux », consomment chaque année plus de ressources que la Terre peut nous offrir. La croissance économique infinie dans un monde aux ressources physiques finies est impossible. Mais aussi, l’activité humaine, depuis deux siècles, modifie profondément et de manière irréversible le système Terre.

Cette conférence m’a marqué à vie pour deux raisons. Tout d’abord parce que n’importe quelle personne dotée d’un semblant d’humanité est forcément sensible à ce constat. Mais surtout parce que j’étais sidéré par mon ignorance sur ce sujet. Pourquoi l’apprendre seulement à 21 ans ? Et si je n’étais pas allé à cette conférences, serais-je toujours ignorant aujourd’hui ? Pourquoi ce sujet n’a pas été abordé dans mes études pourtant scientifiques ? Étais-je trop idiot pour ne pas me rendre compte de l’énormité du phénomène ? N’avais-je pas assez lu ?

La réponse est en fait très claire : rien n’est fait pour que le sujet du changement climatique et celui de la modification de notre société de consommation soit mis sur la table à grande échelle. On sait pourtant depuis la crise du Covid-19 début 2020 qu’un sujet peut être traité de manière planétaire, faire l’objet de 99 % de l’attention des média et occuper 99 % de nos discussions.

Les ouvrages et articles de Jean-Marc Jancovici

Jean-Marc Jancovici est un ingénieur spécialisé dans l’énergie et oeuvrant pour aller vers une économie bas carbone. Mais plutôt que de long discours, je vous laisse découvrir le personnage ici.

Je l’ai découvert en lisant ses livres « Le plein s’il vous plaît ! » et « Changer le monde – Tout un programme ! », marquants par leur efficacité et leur capacité à vulgariser le sujet de l’énergie. On y découvre à quel point l’énergie abondante (notamment les énergies fossiles) a construit le monde dans lequel nous vivons.

Que ce soit dans ses livres ou ses articles, j’apprécie sa démarche scientifique et l’exploitation de données brutes. Sa compréhension des enjeux liés à l’énergie est bien meilleure que la majorité des dirigeants politiques. On peut être d’accord ou non avec ses opinions, certains le détestent d’ailleurs parce qu’il est pro-nucléaire (je me garderai bien de donner un avis sur la question).

Claude et Lydia Bourguignon, un couple inspirant

C’est en suivant un MOOC sur le changement climatique et l’agriculture que j’ai entendu parler pour la première fois de Claude et Lydia Bourguignon. J’ai été séduit par le parcours de Claude Bourguignon. Alors qu’il travaillait à l’INRA pendant les années 80, il s’est intéressé à l’analyse microbiologique des sols, autrement dit « la vie » des sols. Il a notamment critiqué des pratiques courantes dans l’agriculture dite « conventionnelle », comme le labour et le retournement du sol. Devant le peu d’intérêt que ses travaux suscitaient en interne, il décida avec sa femme Lydia en 1989 de quitter l’INRA et créer son propre laboratoire.

Ce qui m’inspire dans leur démarche, c’est d’abord l’idée d’aller jusqu’au bout de leurs convictions scientifiques et de leurs recherche. C’est d’autant plus remarquable que s’attaquer au labour est d’une certaine manière s’attaquer à ce qui fait l’image de l’agriculture dite « conventionnelle ». Le deuxième aspect inspirant est qu’ils ont réussi à me faire prendre conscience de cet enjeu, moi qui n’y connaissait rien en agriculture. C’est d’autant plus intéressant qu’avant de connaître leurs travaux, j’avais justement en moi cette image de l’agriculteur qui doit son succès à la taille de son tracteur ou à la profondeur de son labour.

La ferme du Bec Hellouin

Grâce à ces 3 influences (principales), j’ai commencé à m’intéresser au domaine croisé énergie /alimentation. En effet, l’alimentation est le besoin primaire fondamental de tout être vivant, l’homme ne faisant pas exception. Mais notre modèle alimentaire occidental est aujourd’hui très fortement dépendant de chaînes d’approvisionnement longues, elles-mêmes dépendantes du pétrole, lui même disponible en quantités finies. N’oublions pas non plus que la production alimentaire est directement dépendante du pétrole, en premier lieu les engins agricoles et la fabrication de produits phytosanitaires.

Ces recherches m’ont amené rapidement vers la médiatique ferme du Bec Hellouin et l’ouvrage « Permaculture : Guérir la terre, nourrir les hommes ». On y découvre une exploitation agricole à taille humaine, non mécanisée, avec plusieurs salariés, produisant des produits de qualité, et réellement durable. Même si elle est parfois controversée et jugée trop exposée médiatiquement, cette ferme reste un modèle d’agriculture potentiellement adaptée à une société post-carbone.

Autres sources d’inspirations

Je m’inspire de toutes les personnes et organisations qui cherchent à comprendre le monde en basant leurs analyses sur les faits, et uniquement les faits. Je suis sensible à celles et ceux qui pensent et agissent pour un monde compatible avec les limites planétaires. À contrario, je suis assez peu réceptif aux analyses simplistes, aux visions dogmatiques et à ceux qui déforment les faits pour les tourner à leur avantage.

Pourquoi ce site internet ?

Des médias absents

Tout simplement parce qu’à la lumière de quelques lectures scientifiques, il est révoltant de voir comment notre société nie le vivant, place l’homme en haut de l’échelle des espèces, invente ses propres lois économiques tout en niant les lois fondamentales inviolables de la physique. Malheureusement, les médias « de masse » traitent ces sujets de fond en minorité, préférant diffuser des informations de court terme, sensationnalistes ou lénifiantes. Double peine, les quelques médias qui s’intéresse à ces sujets importants le font parfois sans précaution scientifique ou de manière politiquement orientée.

Un objectif : prendre du recul

En 2018-2019, je suis donc arrivé à un point où la moindre information relayée par les médias me semblait soit inopportune, soit inappropriée. Plutôt que d’écrire de longs posts sur les réseaux sociaux (vous remarquez que je suis bavard !), j’ai voulu rédiger modestement mes propres articles, avec pour objectif principal de prendre du recul sur notre société et l’actualité. Les principes du blog sont détaillés ici.

C’est donc en mars 2020, « grâce » à mon arrêt d’activité forcé par le confinement que j’ai enfin pu concrétiser cette idée sur le présent site. Mes compétences en écriture étant bien supérieures à celles du montage vidéo ou du graphisme, le contenu de ce site est principalement textuel.

Bonne lecture ! Et pour toute question/remarque/suggestion , contactez-moi ici.